Enfant victime de rejet: on peut l'aider!

L'intimidation en vrac
  • Un acte d'intimidation se produit toutes les 7 minutes dans une cour d'école et toutes les 25 minutes dans une salle de classe.
  • Une action intimidante dure en moyenne moins d'une minute, mais elle peut laisser des séquelles émotives qui durent toute une vie.
  • Près 60 % des garçons identifiés comme étant des intimidateurs pendant leur jeunesse ont un dossier criminel lorsqu'ils atteignent l'âge de 24 ans.
  • Les enfants victimes d'intimidation courent le risque de faire une dépression.
  • Lorsqu'un ou plusieurs jeunes interviennent au nom de la victime, l'intimidation cesse en moins de 10 secondes dans 57 % des cas.
L'enfant à risque

Les jeunes victimes de rejet sont souvent timides ou souffrent d'un handicap léger ou de problèmes d'élocution. Bref, ce sont des enfants un peu différents.

Trois signes à surveiller:

  1. Les vêtements de notre enfant sont déchirés;
  2. Il a une peur maladive d'aller à l'école;
  3. Il se replie sur lui-même.
Ce qu'on peut faire en tant que parents:
  • Être à l'écoute de nos enfants lorsqu'ils rentrent de l'école;
  • Prendre leurs inquiétudes au sérieux;
  • Amorcer le dialogue au sujet du rejet et de l'intimidation;
  • Encourager nos enfants à utiliser des moyens non violents pour régler les conflits;
  • Informer l'enseignant dès qu'on soupçonne un problème de rejet;
  • Encourager la socialisation en bas âge.
Au Québec, au moins deux enfants par classe sont victimes de rejet ou d'intimidation. On se moque d'eux parce qu'ils ont du mal à s'exprimer ou qu'ils sont différents. Que faire lorsque cet enfant est le nôtre?

Aucun parent ne souhaite voir son enfant rentrer de l'école en pleurant, parce que personne ne veut jouer avec lui ou qu'on a déchiré son manteau ou qu'on a chuchoté dans son dos toute la journée. Vivre des épisodes de rejet à l'école peut avoir des conséquences graves sur la réussite scolaire d'un enfant, mais surtout sur l'estime qu'il a de lui-même. Des études ont même démontré que les enfants ayant vécu du rejet et de l'intimidation ont plus de risques de devenir des adolescents dépressifs ou délinquants.

Rejet: la source du problème

Comment s'assurer que nos enfants ne vivront pas le calvaire de l'intimidation? D'une part, en sensibilisant les milieux scolaires au phénomène, mais aussi en repérant les enfants vulnérables, afin de leur donner rapidement les outils qui leur permettront de s'affirmer et de mettre fin à ce genre de situation. Selon Mara Brendgen, professeure au département de psychologie de l'UQAM et membre du groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant, les enfants victimes de rejet ont des caractéristiques facilement identifiables. La plupart du temps, ils sont timides ou agressifs. «L'apparence générale, l'obésité, les tics nerveux ou le simple fait de porter des lunettes peut entraîner le rejet. Mais en bout de ligne, c'est la personnalité de l'enfant qui fait toute la différence», dit-elle en précisant qu'un enfant obèse ayant d'excellentes habiletés sociales ne connaîtra probablement pas le rejet.

Une étude a permis de constater qu'un enfant rejeté dans une classe continue généralement à être mis de côté quand on le change de classe ou d'école, ce qui confirmerait que la personnalité joue un rôle plus important que l'apparence.

Agir avant que le problème survienne

En tant que parents, il est possible d'intervenir avant que le problème survienne en s'attaquant à la timidité de notre enfant et en lui donnant des outils pour mieux gérer son agressivité. «L'isolement est le plus gros facteur de risque», rappelle Mme Brendgen. Inviter des amis à la maison pour permettre à l'enfant de socialiser et de se faire des amis avant d'entrer à l'école est une excellente idée. Apprendre à nos enfants à gérer leurs conflits sans agressivité, en préférant la discussion aux affrontements physiques ou en demandant l'intervention d'un adulte, est aussi un pas dans la bonne direction.

Lorsqu'on soupçonne que quelque chose ne va pas, il est important de faire parler son enfant et d'intervenir rapidement en discutant du problème avec son enseignant(e). Ces derniers sont sensibilisés au phénomène du rejet et n'hésitent pas à intervenir à l'intérieur de la classe pour corriger la situation. Des ateliers sont également offerts dans les écoles pour faire prendre conscience aux enfants qu'ils ont un rôle à jouer pour faire cesser le rejet et l'intimidation. «La victime doit comprendre que son agresseur cherche à provoquer et à faire mal, explique Mme Brendgen. Si un enfant réagit aux taquineries par l'humour, il contribue à décourager son agresseur.»

Quant aux enfants qui se rangent du côté des témoins silencieux, on doit les amener à réaliser que leur comportement contribue à aggraver la situation. Dénoncer pour venir en aide à l'un des leurs doit être perçu comme un acte de bravoure et non de trahison.

Pour ce qui est des agresseurs, disons simplement qu'ils proviennent souvent d'un milieu familial violent, qu'ils cherchent à obtenir de l'attention et à détenir du pouvoir sur les autres.

Les ressources
www.parlonsen.com (pour les jeunes qui désirent parler de rejet ou d'intimidation)
www.actualiteenclasse.com/fiches/111.html
Jeunesse j'écoute: 1 800-668-6868

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